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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 19:27

Lu dans le journal du 4 mai (LE MONDE – supplément Livres) une alléchante présentation d’un petit livre dont la lecture peut être saine en ces périodes où le français de base va désigner, par addition de millions de bulletins, celui puis ceux qui vont demain œuvrer à son bonheur collectif. Sans préjuger les choix de chacun, ni sous-entendre quelque malveillance à l’égard de quiconque, le dernier alinéa sur l’actualité nationale (et par rapport au contexte local) mérite un instant de réflexion avant de passer dans l’isoloir.

 

Article de Roger-Pol Droit

 

« Règle de base : ne jamais prendre la stupidité à la légère. Et ne pas oublier de préciser « humaine », car la bêtise –réelle ou supposée – des mollusques, limaces ou bécasses n’a pas de conséquences aussi funestes que celle de nos semblables. La pire nuisance est engendrée par la multitude d’individus prétendument « doués de raison » qui se révèlent, contre toute attente, en être parfaitement dépourvus. Le phénomène est connu de longue date, mais il n’a que tardivement fait l’objet d’une théorie.

 

Concise, aérée, implacable, celle édictée par Carlo M. Cippola pourrait faire de lui, au choix, le Copernic de la connerie humaine ou le Newton de la déraison universelle. Professeur à Berkeley et à l’Ecole normale supérieure de Pise, cet historien de l’économie (1922-2000) avait publié ces « Lois fondamentales de la stupidité humaine » en 1976 chez un éditeur confidentiel. Leur réédition en anglais vient de se vendre à 350 000 exemplaires. Pour comprendre ce succès, il suffit de lire ce petit chef-d’œuvre pince-sans-rire.

 

Son schéma d’ensemble répartit les individus en 4 groupes, selon les gains et les pertes que leur comportement engendre pour eux-mêmes et pour les autres. Ainsi, celui dont l’action entraîne un gain pour l’autre, mais une perte pour lui, est-il un « crétin ». A l’inverse est un « bandit » celui dont les actes n’entraînent de gain que pour lui et de perte que pour les autres. « L’intelligent », lui, agit de telle sorte que ses actes profitent aux autres comme à lui-même. Le « stupide », enfin, est celui dont les actes nuisent aux autres sans aucun profit pour lui, ou même occasionnent des pertes pour lui comme pour ses proches.

 

Ce qui rend éminemment dangereux l’individu stupide est donc le caractère totalement imprévisible, parce qu’irrationnel, de sa conduite. La plus profonde difficulté, selon Cippola, réside dans le fait que le nombre de stupides est constant, toujours plus élevé qu’on ne pense et uniformément réparti dans la société. Comme on voit, cette rigoureuse objectivité n’est source d’euphorie qu’au second degré.

 

D’autant plus que le pouvoir de nuisance des êtres stupides s’accroît à proportion des pouvoirs dont ils disposent. Comme ils sont plus nombreux qu’on ne croit et uniformément répartis, leur présence parmi les chefs d’Etat est évidemment redoutable. On ne s’en tirera pas en comptant sur l’intelligence supposée du corps électoral puisque les élections offrent aux stupides « une occasion formidable de nuire à tous les autres sans y rien gagner » en portant une fraction des leurs au pouvoir.

 

Chacun pourra appliquer des lois à l’actualité en fonction de ses choix politiques. Sans oublier d’y ajouter, par malin plaisir, la dernière découverte de Cipola : « traiter ou s’associer avec des gens stupides se révèle immanquablement une erreur coûteuse, erreur que l’on a toujours tendance à sous-estimer. La stupidologie a de beaux jours devant elle »

Les lois fondamentales de la stupidité humaine de Carlo M Cippola PUF, 72 p, 7 €

 

On pourrait évidemment donner un autre nom aux crétins, bandits, intelligents et stupides de Cippola. On peut aussi établir une typologie de la stupidité selon d’autres critères que la profitabilité pour les uns et pour les autres, en recourant notamment à la morale ou à l’efficacité, aux priorités ou à la durabilité. Mais, au regard d’une simple appréciation socio-politique, ce critère cynique « à qui profite l’action » est aussi pertinent que simple. Il oriente naturellement les choix positifs des électeurs vers les « intelligents » ou à défaut les « crétins » au sens de Cippola ; il exclue forcément les « bandits » et les « stupides » … à condition de savoir les identifier avant qu’ils ne passent à l’acte et à condition aussi de pouvoir jauger a priori leur entourage et tous leurs parasites.

 

C’est là que les considérations de Cippola sur le corps électoral prennent toute leur gravité. La stupidité étant, plus encore que le bon sens, la chose la mieux partagée du monde, on a confirmation que la votation universelle peut être la meilleure ou la pire des choses. Et en tout cas que la démocratie est loin d’être une garantie de perfection, d’intelligence au sens de Cippola, c’est-à-dire de morale et d’efficacité, mais qu’elle est la moins mauvaise formule de sélection des gouvernants, mais qu’elle n’est jamais achevée à l’image d’une toile de Pénélope à reprendre chaque matin. La démocratie, par le vote universel, est la moins mauvaise forme de gouvernement à condition de garder en tête que le taux de stupidité étant égal dans les urnes à ce qu’il est partout et toujours, les sortis des urnes n’offrent pas une garantie absolue et durable de non stupidité, donc que leur action peut et doit rester soumise à la vigilance d’un corps collectif ni plus ni moins stupide que ses élus. En clair, les majorités - panachées d’intelligents, de stupides, de bandits et de crétins – qui font émerger des minorités de gouvernement (national ou local ) tout aussi panachées, ces majorités qui ensuite déplorent vite leur choix ont les gouvernants qu’elles méritent, non seulement du fait de leur bulletin de vote d’un jour mais aussi et surtout du fait du contrôle continu que les citoyens doivent exercer sur leur intelligentzia politique. La politique doit assimiler la stupidologie pour la maîtriser le plus possible et en permanence.

 

Le blog de pugnace

Par B.L - Publié dans : actualité - Communauté : actus, en générale
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Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 16:33

ANNIVERSAIRE, déjà 2 ans :

Le 17 juin 2010, un hebdomadaire locaux titrait « Le corbeau de Mésanger est démasqué ». Un soulagement était perceptible sur la commune et autour car le suspense était à son comble. La vérité allait enfin être révélée par le maire qui avait naturellement porté plainte contre cette bête qui terrorisait les populations. Rappelez-vous, cela concernait des boîtes de gâteaux. Tout cela pour de la pâtisserie. Le procès allait enfin avoir lieu et nous allions pouvoir lapider cette créature devant la mairie sur la place publique.

ET PUIS PLUS RIEN. Un grand silence du côté de la mairie. Pas de procès, pas de lapidation. Deux ans que toute la population mésangéenne attend mais le silence continu. Et si tout cette agitation n’était qu’un coup monté pour faire taire certaine personne ? Pour faire pression sur elle ?

De temps en temps nous sommes interrogés par des citoyens qui souhaitent connaître la suite de cette "fable". Nous leur disons d'interroger l'initiateur des articles de journaux. Celui qui est photographié devant un écran d'ordinateur à son bureau. C'est cette personne qui a déclenché la menace du "corbeau" sur la commune, mais n'a pas eu le courage de lire la deuxième lettre en conseil municipal malgré sa promesse.

 

Comme tous les ans nous attendons, la personne mise en cause attend des excuses publiques en conseil et pas une fuite en avant. Mais, à Mésanger il ne faut pas croire, il faut attendre la lettre de convocation de la Gendarmerie nationale dans la boîte à lettre. Eh bien, attendons sereinement car nous, nous n'avons rien à nous reprocher. Est-ce le cas de tout le monde ?

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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 22:49

Les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté, ça suffit !

Pauvreté, immigration, assistanat, fraude... : cassons les idées reçues

agrandir la policediminuer la policeimprimer la page


Nous vous invitons à déconstruire des préjugés et des stéréotypes répandus sur la pauvreté et les pauvres, afin que ceux-ci cessent d’être les boucs émissaires des maux de nos sociétés et qu’ils deviennent au contraire des partenaires à part entière dans la construction d’un monde plus juste.

http://www.atd-quartmonde.fr/IMG/pdf/4pagesIdeesrecues.pdf

 

Bonne lecture.

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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 10:10

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf

Une Grenouille vit un Bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un œuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant : "Regardez bien, ma sœur ;
Est-ce assez ? dites-moi ; n'y suis-je point encore ?
- Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout. - M'y voilà ?
- Vous n'en approchez point.". La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.

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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 08:51

Lettre de Denis Robert à François Hollande par INFO LE MAGUE

 

"Cher François,

Nous nous sommes croisés quelques fois lors de cette campagne et je suis ravi que tu ais gagné. Maintenant que tu es dans la place, il va falloir trouver des moyens pour financer ton programme. J’ai trouvé nickel ton positionnement sur les postes à créer dans l’éducation nationale.

Mais il y a aussi des problèmes à l’université, à la poste, dans les hôpitaux, le logement, la justice. Les services publics ont été délaissés par ton prédécesseur. Lui et ses amis ne se sont pas privés de t’attaquer sur la faillite qui ne manquera pas d’arriver si tu mets en place tes idées. Les augmentations d’impôts ne suffiront pas. J’ai un chiffre à te soumettre. 30 trillions d’euros. Renseigne-toi, c’est la valeur globale des actifs détenus au nom de leurs clients -principalement des banques- par Clearstream et Euroclear en 2012.

La première, dont le siège est à Luxembourg, a annoncé près de 12 trillions détenus dans ses comptes en avril et la seconde, dont le siège est à Bruxelles, affiche fièrement mais discrètement un peu plus de 18 trillions d’euros. Les banquiers, les oligarques, les lobbyistes de Bruxelles, les magnats du pétrole, les vendeurs d’armes, les rentiers luxembourgeois, les traders londoniens, les avocats fiscalistes et les journalistes appointés par le système bancaire n’aiment pas qu’on leur rappelle ces chiffres.

Cher François, crois-moi, le magot est planqué là. Dans les sous pentes informatiques de ces boîtes noires. Les sociétés off shore y ont caché leurs devises. Elles ont le doigt sur le bouton transfert. Dès qu’on viendra les emmerder, les circuits sont prêts pour jouer au bonneteau avec les services fiscaux. Il va falloir jouer serré mais la partie est gagnable. Tu lances une commission d’enquête en France et tu pousses à la roue pour que celle que vient de créer la commission européenne (demande à Vincent Peillon de te brieffer) débouche rapidement.

Ensuite, tu crée une brigade informatique d’intervention. Et tu taxes ces mastodontes de la finance en prélevant une (bonne) part de ce qui se cache dans les paradis fiscaux et 1% de ce qui passe par les circuits normaux.

Et tu augmentes même les policiers... Bien à toi cher François. Appelle-moi. Denis"

Billet de Denis Robert pour Siné Hebdo

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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 16:13

Les Grands de ce monde, dussent-ils mettre des talonnettes, aiment à laisser dans l'histoire une trace de leur passage, un don à la postérité qui fera date. Nul n'échappe à ce principe constitutif du pouvoir, à cette obligation de postérité que s'imposent ces gens imbus d'eux-mêmes et si peu soucieux des autres. Certains n'hésitèrent pas à sacrifier beaucoup de leurs sujets pour ériger le monument ou réaliser les grands travaux qui porteront leur nom. D'autres s'offrirent beau massacre, terrible bataille afin de se couvrir de cette gloire.

 

La République n'échappe pas à la chose. Les Hommes, pourvu qu'on les affuble d'une majuscule de majesté, sont tout autant que les souverains d'alors, désireux de bâtir un mausolée à leur grandeur. Nous eûmes ainsi le Centre Beaubourg, la Grande Bibliothèque ou l'abrogation de la peine de mort, le discours du Vel d'Hiv ou la tête de veau !

 

Celui qui vient de terminer son mandat laissera quant à lui un souvenir durable, un don inestimable dont les générations futures lui rendront grâce longtemps encore. Il n'eut de cesse tout au long de ces dix dernières années de creuser son sillon, de tracer sa route pour sans trêve ni repos préparer ce bel héritage qu'il nous a baillé.

 

Il a minutieusement préparé le terrain, instillé dans les esprits ce qui était utile à la réussite de son grand dessein. Il n'a pas ménagé ses efforts ni sa salive. Il faut lui reconnaître une constance dans l'effort qui mérite des éloges. Nous ne pourrons pas dire qu'il faillit à sa tâche. Son idée était claire, il a suivi un plan rigoureux, une stratégie solide pour remplir sa mission.

 

Il n'a reculé devant aucun effort, prenant même la peine d'un voyage à Dakar pour semer quelques graines. Chaque mesure, chaque décision prise constituaient des pierres pour bâtir ce qu'il voulait nous offrir. Nous ne percevions pas alors de cohérence à toutes ces agitations. Il cacha longtemps ce qu'il voulait mettre en place.

 

La fin de son mandat accéléra l'action. Le délai le pressa, il laissa toutes les autres obligations de la fonction pour finir son chef-d'œuvre. Sentant le temps venir à lui manquer, la dernière quinzaine de son activité fut totalement consacrée à parachever la chose. C'est en apothéose que se termina son travail de sape.

 

Car, ne voulant rien faire comme les autres, ces devanciers si mal inspirés, il voulut creuser et salir quand les autres se plaisaient à élever et embellir. Il avait sous la main quelques collaborateurs pour lui préparer des discours sur mesure, du travail d'orfèvre. C'est par la parole qu'il comptait atteindre au but.

 

Il a bel et bien réussi. Le voilà parti et beaucoup se gaussent de sa défaite quand lui, rit sous cape, car il sait sa victoire acquise. Il peut partir heureux et fier de ce qu'il a réalisé. Le travail est parfait, c'est vraiment du bel ouvrage. Rien ne manque, tout est en place pour que bientôt, la réalité éclate au grand jour et qu'enfin nous puissions saluer l'artiste !

 

Le Président a façonné la France, ce pays dont les siens réclament l'exclusivité. C'est dans les consciences de la majorité silencieuse, ce petit peuple dont il se fit, avec zèle et application le chantre, qu'il a laissé le venin le plus perfide, le plus insidieux, le plus malfaisant qui soit. La France profonde, la France des campagnes, la France des possédants est désormais xénophobe.

 

Oh, le bel héritage que voilà ! Car c’est ce que nous laisse l’odieux Sarkozy: une France raciste, un mal qui grignote notre unité, sépare les familles, écarte les campagnes des villes, ronge les esprits. Nous avons failli collectivement pour laisser de la place à ce mal immonde. Nous savons tous hélas comment se termine l’histoire quand la xénophobie ronge le corps social. Quelle sera la catastrophe à venir ? De quel nom faudra-t-il l’habiller ? De quelles horreurs s’accompagnera-t-elle ? Je crains que le pire est à venir …

 

Notarialement sien.

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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 08:56

Tentative d’atteinte aux droits des associations citoyennes en pleine campagne présidentielle

30 avril, 2012

En toute discrétion, à l’heure où les médias sont focalisés sur la campagne présidentielle, la Présidence de l’Assemblée nationale a enregistré le 24 avril, deux jours après le premier tour, une proposition de loi du député UMP des Yvelines Jacques Myard, « visant à limiter les procédures pénales abusives menées par certaines associations ».

Cette loi, qui vise à rendre impossible dans les faits la constitution de partie civile pour les associations anticorruption comme la nôtre dans les affaires politico-financières, attaquerait également frontalement les droits des associations contre le racisme et les victimes de discrimination, contre les violences faites aux femmes et la maltraitance des enfants, des associations de défense des victimes des accidents du travail, de la délinquance routière, de défense de l’environnement, des consommateurs, des contribuables… (articles 2-1 à 2-21 du Code de Procédure Pénale)

Dans le détail, cette proposition de loi prévoit que lorsqu’une plainte simple adressée au Procureur de la République, magistrat dépendant du gouvernement, est classée sans suite par celui-ci, une association n’aurait plus le droit de se porter partie civile si elle le souhaite. Elle devrait demander au même Procureur, qui vient de lui refuser d’ouvrir une information judiciaire, l’autorisation de se constituer partie civile afin qu’une information judiciaire soit ouverte par un Juge d’instruction indépendant… Autant demander à un arbitre qui vient de sortir un carton rouge, dans la minute qui suit, l’autorisation de faire revenir sur le terrain le joueur qu’il a expulsé pour qu’il finisse la partie !

Bien sûr, si l’autorisation d’ouvrir une information judiciaire était ainsi refusée à l’association par celui qui vient de refuser cette ouverture, elle pourrait faire appel auprès d’un magistrat dépendant lui aussi du gouvernement, le Procureur général. Face à un nouveau refus, en dernier recours, l’association pourra s’adresser à la Chambre de l’Instruction. Bref un parcours dissuasif des plus dilatoires et coûteux, avec une chance de succès des plus improbables pour toute affaire mettant en cause le pouvoir.

Quel pays, quelle démocratie nous prépare-t-on si, face aux pouvoirs et aux lobbies en place, les associations de défense des droits des citoyens sont ainsi désarmées pour demander Justice ?

De quoi ce député cherche-t-il à se protéger, lui et ses collègues UMP et au-delà ? Au delà, parce que malheureusement, ce sport national qu’est l’autoprotection corporatiste des élus entre eux peut rencontrer des majorités transversales, qui traversent la frontière des différents bords politiques. Prenons l’exemple de la suppression du cumul des mandats qui rencontre de très fortes réticences, malgré les annonces, de la part des cumulards de droite comme de gauche. C’est pourquoi, quelle que soit la composition de la prochaine Assemblée, cette proposition de loi cherchant à entraver la liberté d’agir des associations de défense des droits des citoyens est extrêmement dangereuse. Dans la période électorale troublée que nous connaissons, que des législateurs puissent ainsi froidement envisager de s’attaquer à la liberté des associations en dit long sur la démocratie que certains voudraient en toute discrétion nous préparer.

Et ensuite,  après s’être attaqué aux droits légitimes des associations citoyennes ? Pourquoi ne pas s’attaquer à la liberté de la presse ? Pourquoi ne pas censurer la liberté d’expression sur internet ?… Un pouvoir sans contrepouvoirs, le rêve d’une démocratie bâillonnée pour certains élus en place !

Avec une telle loi, aucune contradiction citoyenne, comme nous l’avons portée seuls, n’aurait été présente lors du procès Chirac pour équilibrer les débats. Quid de nos actions citoyennes en Justice dans l’affaire des sondages de l’Elysée, dans l’affaire Karachi, dans l’affaire des irrégularités de dépenses de communication du gouvernement révélées par la Cour des Comptes ? Quid des informations judiciaires uniquement déclenchées par des constitutions de partie civile de militants d’Anticor pour nombre d’affaires locales que des Procureurs avaient classées sans suite ? Impossibilité également de nous porter partie civile dans le volet financement de parti politique de l’affaire Woerth-Bettencourt si, d’aventure, on assistait à une tentative d’étouffement de cette affaire.

Soulignons que, dans l’exposé des motifs de sa proposition de loi, ce député UMP des Yvelines regrette ouvertement que les plaintes avec constitution de partie civile pour fraude électorale et pour délits de presse n’aient même pas à passer par le filtre du Procureur. Il y stigmatise également les associations « plus ou moins politisées » qui, selon lui, instrumentalisent et détournent l’institution judiciaire, dont le but est de protéger les citoyens, privatisant ainsi purement et simplement l’action publique…

Notons enfin que cette proposition de loi est enregistrée par la Présidence de l’Assemblée nationale dans la semaine qui suit la proposition commune, adressée aux candidats à la Présidentielle (et bientôt proposée pour les législatives), d’Anticor, Transparence International et Sherpa, d’un nouvel article de loi qui autoriserait les associations anticorruption à se porter partie civile dans toute affaire de corruption, ce qui n’est pas le cas actuellement.

En réponse à cette proposition de loi liberticide, « visant à limiter les procédures pénales abusives menées par certaines associations », Anticor se doit d’envisager une proposition de loi « visant à limiter les propositions de loi abusives menées contre certaines associations » !

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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 11:39

En ce 1er Mai 2012, je reprend cet article de Gérard Filoche :

 

 

 

Le “vrai” travail ? Celui des 600 accidents mortels, des 700 suicides, des 4500 mutilés au travail par an ? Celui des droits violés, des licenciements sans motif et des heures supp’ impayées ?

 

Le « vrai » travail ?  Celui des maladies professionnelles, des 100 000 morts de l’amiante, TMS, surdité, cancers, qui augmentent, sont sous-déclarées, sous réparées.

 

Le « vrai » travail ? Celui dont Sarkozy a diminué le niveau des indemnités journalières en cas d’arrêt forcé pour accident du travail ?

 

Le “vrai” travail ? 150 000 accidents cardiaques et 100 000 accidents vasculaires par an dont entre 1/3 et 50 % liés au travail…

 

Le “vrai” travail ? Ce jeune ascensoriste de 26 ans écrasé par l’engin qu’il réparait, à cause de la compétition sauvage « libre et non faussée » entre Otis, Koné, Schindler et Thyssen

 

Le “vrai” travail ? Et les milliers d’ouvriers désamianteurs que Sarkozy laisse en ce moment mourir sans protection par refus d’un moratoire alors que de récentes études scientifiques ont découvert des nouvelles fibres cancérogénes ?

 

Le « vrai » travail ? Celui de l’ouvrier de 55 ans devant son marteau piqueur ?   De l’instituteur de 62 ans pour sa 41e rentrée devant sa classe d’enfants ?   De l’infirmière qui soigne encore à 65 ans ?   De ceux pour lesquels le travail est devenu si pénible physiquement et mentalement depuis le report de l’âge de la retraite ?

 

Le “vrai” travail ? Celui des mini-jobs, des stages, des 800 000 emplois saisonniers, des millions d’intérims et de CDD à répétition ?  Celui des millions de précaires ? « La vie, la santé, l’amour sont précaires…  pourquoi le travail ne le serait-il pas? » (Parisot)

 

Le « vrai » travail ? Celui des millions de travailleurs pauvres qui n’arrivent pas à se loger et à vivre décemment avec leurs salaires, ceux qui dorment dans mobiles homes, qui mangent des pâtes à partir du 10 du mois, et n’ont de la viande que 3 fois par mois, que les « franchises » empêchent d’aller chez le toubib, et qui ne peuvent se payer ni le dentiste ni des lunettes  ?

 

Le “vrai” travail ? Celui des travailleurs handicapés exclus du dispositif retraite anticipée et pour lesquels les patrons paient une faible taxe plutôt que de les embaucher

 

Le « vrai » travail ? Celui du milliard d’heures supplémentaires non déclarées, non majorées, non payées attribuées à ceux qui ont un boulot au détriment de ceux qui n’en ont pas ?

 

Le « vrai » travail ? Celui des femmes qui gagnent 27 % de moins que les hommes ?  85 % des temps partiels sont des femmes non qualifiées, ont elles un « vrai » travail ?

 

Le « vrai » travail ? Celui des jeunes à 25 % au chômage et à 80 % en CDD ?

 

Le « vrai » travail ? Celui des immigrés, forcés à bosser sans droits et sans papiers par des esclavagistes et marchands de sommeil bien franchouillards ?

 

Le « vrai » travail  ? Celui des seniors licenciés, 2 sur 3 à partir de 55 ans et qui ne peuvent cotiser que 35 annuités alors que 42 sont exigés dorénavant pour une retraite décente ?

 

Le « vrai » travail ? Celui du partage féroce et forcé du temps de travail entre sur-travail sous-travail et sans-travail, avec des centaines de millions d’heures supplémentaires, trois millions de temps partiels à 60 % subi,  cinq millions de chômeurs ?

 

Le « vrai » travail ? Celui des 1 à 4 millions de travailleurs du dimanche (essentiellement des femmes pauvres et précaires), des 4,3 millions qui travaillent de nuit, de ceux qui subissent des horaires postés, 3X8, 4X8, modulés, annualisés, flexibilisés au détriment de leur vie de famille ?

 

Le « vrai » travail ? Celui des restaurateurs dont 1 sur 4 utilisent des clandestins, non déclarés dans le fond de leur cuisine ?

 

Le “vrai” travail ? Celui  d’exploitants agricoles qui tuent des inspecteurs du travail pour pouvoir abuser d’immigrés clandestins ?  Tandis que des petits agriculteurs et ouvriers agricoles exploités par les intermédiaires et grands commerces survivent dans la misère.

 

Le “vrai” travail ?  Celui des manœuvres, la « viande » que méprisent les contremaîtres dans les grosses entreprises de BTP ?

 

Le “vrai” travail contre le droit du travail ?  Celui qui ne fait jamais grève, qu’on ne voit jamais manifester, qui n’est pas syndiqué, qui piétine son collègue ? Le pauvre exploité apeuré qui  souffre, se tait, et approuve son patron comme une dinde qui vote pour Noël ?

 

Le “vrai” travail « sans statut » ? « La liberté de penser s’arrête là où commence le Code du travail » selon Mme Parisot. Et la mise à mort du statut de la Fonction publique par une « RGPP » indigne ?

 

Le « vrai » travail ? Pas celui des fonctionnaires, car naturellement ces gens-là ne travaillent pas… ce sont des boulets improductifs selon Sarkozy.

 

Le « vrai » travail… sans loi ?  Celui sans état de droit dans les entreprises,  sans protection des contrats,  sans promotion dans les carrières, sans garantie de l’emploi ?

 

Le « vrai » travail sans protection sociale ? Sans salaire brut, sans cotisations, ce que Sarkozy rebaptise « charges sociales » et qu’il veut abaisser, le Medef réclamant leur suppression?

 

Le « vrai » travail ? Celui des conventions collectives, vieillies, foulées aux pieds par un patronat qui ne les négocient plus ?

 

Le “vrai” travail sans syndicat ?  Mais sans syndicat,  il n’y aurait rien, pas de Smic, pas de durée légale, pas de congés payés, pas de sécurité sociale, pas de code du travail

 

Le « vrai » travail  ?  Sans CHSCT, sans hygiène sécurité, sans médecine du travail renforcée et indépendante, sans inspection du travail, alors que Sarkozy a affaibli toutes ces institutions  ?

 

Le « vrai » travail ? Celui sans délégué du personnel, sans comité d’entreprise, sans CHSCT, sans institution représentative du personnel ?

 

Le “vrai” travail ? à France Télécoms, des dizaines de suicides, faute inexcusable du patron de combat qui licencie, stresse, harcèle, casse.

 

Le “vrai” travail ? Parlons en ! Stress, risques psychosociaux, harcèlement, souffrances, suicides, chantage à l’emploi, management de combat ?

 

Le « vrai » travail ? Celui sans justice qui remet en cause les élections prud’hommes et taxe de 35 euros ceux qui sont obligés de les saisir pour faire valoir leurs droits

 

Le “vrai” travail ? Les travaux les plus durs sont les plus mal payés, restauration, nettoyage, transports, entretien, industrie.  Dans le bâtiment, 1,1 million bossent surexploités, maltraités, mal payés, accidentés, et meurent sans retraite.

 

Le « vrai » travail ? Celui des 900 000 foutus dehors par « rupture conventionnelle » de gré à gré sans motif et sans mesure sociale ?

 

Le « vrai » travail ?  Celui soumis au chantage à l’emploi, aux licenciements sans cause réelle et sérieuse, abusifs, boursiers et incontrôlés ?

 

Le « vrai » travail ? Celui soumis à la spéculation de la finance, des fonds de pension cyniques et rapaces, celui des Molex, de Sea France, de Gandrange et Florange, de Continental, Freescale, de Lejaby, de Pétroplus, ou des Fonderies du Poitou, de toutes celles et ceux qui ont du se battre pour le garder ?

 

Le « vrai » travail ? Celui des auto-entrepreneurs, un million en théorie, la moitié en réalité, qui se font exploiter comme faux salariés, à bas prix et sans protection sociale ?

 

Le « vrai » travail ?  Celui des fausses externalisations, de la fausse sous-traitance, du marchandage, du prêt illicite de main d’oeuvre, des marchés truqués  ?

 

Le “vrai” travail ? Celui qui bosse dur pour survivre misérablement ou celui qui exploite dur les autres pour vivre dans des villas dorées, avec des millions d’euros cachés aux Iles Caïman ?

 

Le “vrai” travail ? Celui des actionnaires, des rentiers, des riches, des spéculateurs, traders ou autres banksters du Fouquet’s qui gagnent 600 SMIC par an en dormant ?

 

Le travail n’a jamais enrichi personne, ce qui enrichit c’est d’exploiter le « vrai » travail des autres.

 

Le « vrai » travail ? Celui de Maurice Lévy patron qui se ramasse 16 millions d’euros d’argent de stocks option de poche pillés sur les richesses produites par les salariés et des patrons qui s’augmentent de 30 % par an.

 

Le “vrai” travail ? Qu’est ce qu’il y connaît ce cul doré de Sarkozy ?

 

 


Rappel des origines du 1er Mai à Nicolas Sarkozy


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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 11:33

Entre 2007 et 2009, Nicolas Sarkozy a commandé 264 sondages pour un montant de 6,35 millions d'euros d'argent publique !

Raymond Avrillier, militant écologique grenoblois, bien connu dans sa région pour avoir fait tomber l'ancien maire de Grenoble Alain Carignon (UMP) en son temps, s'est intéressé aux sondages commandés par le président Sarkozy entre juin 2007 et juillet 2009. 

Selon l'élu EELV, "Uniquement en 2007, les prestations de conseils et les sondages payés sur fonds publics ont atteint 1,194 millions d'euros. C'est une somme énorme", a-t-il détaillé s'appuyant sur des documents que lui a remis l'Elysée sur injonction du tribunal administratif de Paris. "Certains ont été clairement utilisés par l'UMP notamment en vue de l'élection présidentielle de 2012", a ajouté l'ex-élu écologiste, qui assure n'avoir "obtenu que 134" de ces 264 sondages.

Il a donné plusieurs exemples :

- Pour chacune des personnalités suivantes diriez-vous qu'elle ferait un(e) bon(ne) candidat(e) à l'élection présidentielle ?

- Que pensez-vous de son mariage possible avec Carla Bruni ?

 

Raymond Avrillier avait saisi en 2009 en tant que simple citoyen le tribunal administratif de Paris, qui avait enjoint le 17 février dernier la présidence de la République de communiquer les conventions d'études et les factures des sondages qu'elle a fait réaliser entre 2007 et 2009. Sa demande s'appuyait sur la loi du 17 juillet 1978 qui favorise l'accès aux documents administratifs.

Il affirme, par ailleurs, ne pas avoir reçu les bons de commandes de sondages "indirects" commandés par l'intermédiaire des cabinets d'études Publifact, PubliOpinion et Giacometti lesquels n'ont, en outre, jamais été mis en concurrence comme le prévoit la loi.

Après la publication d'un rapport de la Cour des comptes épinglant l’Élysée sur des facturations d'études d'opinion, la cour d'appel de Paris s'était opposée, en novembre 2011, à ce qu'un juge d'instruction enquête sur le contrat, sans mise en concurrence, conclu en 2007 entre l’Élysée et Publifact pour la réalisation de sondages.

A noter que Patrick Buisson, le proche conseiller de Nicolas Sarkozy, est à la tête de Publifact...

Raymond Avrillier a déposé des recours auprès du tribunal administratif de Paris pour que lui soit communiqués les documents manquants, et a formulé également une nouvelle demande pour obtenir les documents des années 2010, 2011 et 2012.

 

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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 16:06

Chez moi, les électeurs FN ne sont pas des fachos. Pour le moment

Laurence Rossignol | Sénatrice PS de l'Oise


 

  • Envoyer l'article par email Depuis dimanche, on évoque le score du FN dans les classes populaires sans distinguer les lieux où elles vivent. Dans le département de l’Oise, Marine Le Pen obtient un peu plus de 25% des voix. Avec des niveaux de ressources similaires, voire même inférieurs, les quartiers populaires urbains ont placé largement François Hollande en tête alors que les petites communes ont donné un résultat symétrique à Marine Le Pen. La clef de compréhension de ce vote est donc tout autant spatiale que sociale.

On sait tout des grands ensembles

Depuis trente ans, on sait tout de la vie dans les grands ensembles, leur taux de chômage, les difficultés des forces de l’ordre et des médecins à y exercer leur métier, leurs politiques de rénovation urbaine, les besoins d’infrastructures de transport. Les quartiers « en difficulté » mobilisent un ministère, la curiosité journalistique, des dispositifs successifs de soutien public.

Mais que sait-on de la vie des chefs-lieux de canton et des villages de la plus ou moins grande périphérie des villes ? Pas grand-chose à vrai dire.

La promesse du cadre de vie à taille humaine, du jardin, du calme n’est pas tenue. La vie d’une famille de salariés est dure : il faut deux voitures, aussi longtemps qu’il y a deux emplois, les transports en commun sont rares et inadaptés à la flexibilité des horaires, le plein d’essence n’est pas subventionné contrairement aux cartes RATP ou SNCF, les trajets domicile/travail sont longs et la précarité de l’emploi modifie le schéma initial.

Tout est compliqué. Malgré l’afflux de nouveaux habitants, les commerces ferment, la baguette de pain est à dix minutes de voiture.

Ici, les ados s’ennuient

Dans les pavillons, les vieilles maisons, il y a toujours une tuile, une fuite à réparer. L’esprit de village et la convivialité exigent, ce qui justement fait défaut, disponibilité, temps libre, aisance financière.

Les personnes âgées regardent leurs voisins partir tôt le matin et rentrer tard le soir, pressés, toujours pressés. Quand ils étaient plus jeunes, ils avaient une voiture, mais le mari qui la conduisait n’est plus là, leur vue a baissé ou ils l’ont donnée aux petits-enfants qui en n’avaient pas les moyens de s’en acheter une.

Les ados s’ennuient. Pour boire une verre ou aller au cinéma, il faut que les parents les accompagnent en voiture. Le prix de l’essence est dissuasif et dicte désormais les déplacements. Il faut avoir vu, les dimanches après-midi, les jeunes agglutinés sous l’abri de bus au bord de la route principale, pour se représenter l’isolement et le sentiment d’abandon qui motivera leur vote et celui de leurs parents.

Jules Ferry, le dernier des Mohicans

Les services publics, les médecins sont partis, regroupés d’abord dans un plus grand bourg, puis vers la ville centre. Les hôpitaux de proximité ont fermé. Les actes de délinquance sont-ils en hausse ? Sans doute, mais lorsque les victimes se sont heurtées trois fois de suite à la porte close de la gendarmerie, fermée faute de personnels, leur sentiment d’insécurité a, sans conteste, progressé.

Le monde associatif, sous-traitant et alibi des reculs des politiques publiques, réunit souvent une poignée de retraités, héros bénévoles du foot, du théâtre ou de la photo amateur, amers sur le manque de subventions et le consumérisme de leurs adhérents. Et, il suffit qu’un président meurt ou déménage pour que le club tombe en déshérence.

Jules Ferry est le dernier des Mohicans de nos villages. L’école, toutes classes ou en regroupement pédagogique, est l’étalon de la confiance dans l’avenir et de l’appartenance à la communauté nationale. Dans l’Oise, où , il y a un mois, 40 fermetures de classes ont été annoncées dans le secteur rurbain et périurbain, leur carte se confond avec celle du vote FN.

Voter FN, c’est accrocher la lumière

La réforme des collectivités locales mise en place par le gouvernement a été ressentie comme un message supplémentaire d’abandon. Trop d’élus, prétend le Président sortant. Pourtant, ce sont eux qui assurent, seuls, le service après-vente de la République.

Les maires essayent, avec les moyens du bord, de préserver l’essentiel. La moindre subvention exige des heures de travail pour convaincre ceux qui financent. Leurs efforts pour mettre en place un accueil périscolaire, rénover un terrain de sport ou transformer un bâtiment désaffecté en foyer communal peuvent être ruinés d’un trait de plume sur une colonne de chiffres.

Nicolas Sarkozy a voulu détruire l’esprit de la décentralisation pour abattre les élus socialistes. Il n’a abouti qu’à donner à la gauche la majorité au Sénat et à faire monter le FN, au premier tour de l’élection présidentielle.

Voilà la vie réelle de ces électeurs FN des campagnes. Le miroir de notre société que sont les grands médias ne leur permet, que rarement, de s’identifier à la France qu’on leur montre et surexpose leur invisibilité. Voter FN, c’est tenter d’accrocher la lumière, peut-être, pendant deux semaines.

Le bon air et l’espace ne compensent pas

Vote de protestation ou vote de conviction ? La certitude de n’avoir, par son vote, rien à perdre, finit, quand on a tout essayé, par forger une conviction.

La droite a échoué, gravement. Le prochain gouvernement qui lui succédera devra tout à la fois, s’adresser à la France et à tous ses habitants, dans la diversité de leurs conditions de vie. Nous devrons répartir équitablement les politiques publiques sur le territoire.

Pour y parvenir, il faut juste comprendre que les questions de pouvoir d’achat sont directement dépendantes du nombre de pleins d’essence, que les budgets que nous consacrons à l’accessibilité et aux tarifs des transports publics n’ont aucun impact sur les familles qui vivent dans des lieux où il n’ y aura jamais le tram et que le bon air et l’espace ne compensent pas l’isolement, l’abandon et la solitude.

Les électeurs FN de mon département ne sont pas des fachos. Mais si rien ne change pour eux, alors, ils pourraient le devenir

 

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